Bien vieillir avec les centres sociaux

La vieillesse, une ressource pour les territoires

Historique

"La forte croissance des équipements de vie sociale de proximité tels que les centres sociaux, associée au développement de l’habitat social urbain avec la dépopulation des campagnes et l’arrivée des familles d’origine immigrée dans les grands ensembles, dans les années 50-70, a attaché l’image dominante du centre social à celle de la petite enfance et de l’enfance, puis à celle de la jeunesse. Puis l’évolution démographique et la recomposition des bassins de vie, suite aux « crises » économiques et sociales des 50 dernières années – ont fait apparaître une proportion de plus en plus importante de personnes « vieillissantes » dans l’environnement des centres sociaux urbains – après le phénomène bien identifié dans les milieux ruraux en recomposition -, y compris les immigrés de première génération, amenant nombre d’entre eux à écouter leurs demandes et accompagner leurs projets.

 

Dès l’origine des centres sociaux en France,

l’histoire nous montre que le « club des anciens » avait sa place, selon une conception qu'on qualifierait aujourd’hui de mode « préventif » ou « proactif » : les notions de « voisinage » et de « prévention » (sans abuser de l’anachronisme) sont bien des références constantes de la conception et les pratiques des centres sociaux.

 

Dans les années 1950-70,

au moment de l’expansion du centre social puis socioculturel : des expériences d’activités et de projets innovants interviennent en milieu rural avec les anciens, les clubs d’aînés ruraux, en partenariat avec l’action sociale des caisses de Mutualité sociale agricole… et déjà des préoccupations sont attestées en quartiers populaires urbains avec la pauvreté de ceux qu’on appelait alors « économiquement faibles » pour ne pas dire les « vieux pauvres » ou, par exemple, selon le thème de la Semaine Bleue des débuts, « les vieillards ».

 

Dans cette évolution, il y a lieu de distinguer :

 

1 – Les pratiques et prises de conscience des Centres sociaux
ruraux, d’abord, puis progressivement urbains… avec l’évolution de la démographie du vieillir et l’apparition des problématiques, puis des types et modèles de réponses en termes de politiques publiques, d’engagement social militant.

2 – Les constructions et positionnements fédéraux locaux et nationaux :
c’est-à-dire comment s’est élaborée une politique de grande cohérence, liée à la vocation propre du centre social et de son « cœur de métier » : agir en termes de développement social territorial, d’une part, et, selon la conception spécifique de l’animation globale, d’autre part.

 

Cette évolution s’est accomplie dans les années 1999-2009, avec l’élargissement des partenariats :
– d’abord avec le soutien de la Fondation de France dans le cadre d’un programme articulé sur des objectifs et conceptions méthodologiques proches ;

– puis, grâce à l’inscription, l’appropriation et la déclinaison aux choix et pratiques par les acteurs territoriaux du réseau des centres, vers l’extension du partenariat avec la CNAV et des CRAM , ainsi que divers secteurs de l’action avec les personnes âgées : associations, réseaux de gérontologie.

En résumé, on peut relever que tant sur le plan de la logique de la démarche que sur les choix stratégiques, on est passé d’une approche par activités à une conception sociétale du « vivre ensemble à tous les âges de la vie », qu’il convient d’approfondir et de défendre contre les nouveaux risques de spécialisation et de segmentation par cibles.

 

Extraits de l'ouvrage Collection repère : Vieillesse comme charges ou comme ressources.
Texte rédigé par Henri Colombani
Vice-Président de l'association Mémoires Vives – Centres Sociaux

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